La vie à vélo

Voyager en famille, c’est tellement formidable?

Alors quand nous avons parlé, autour de nous, de notre projet de partir un an en famille, nous avons eu deux réactions:

  • Un an avec vos enfants? Mais c’est formidable! (Oui hein!)
  • Un an avec vos enfants? Mais c’est l’enfer! (Heuu…tu crois?)

En fait, comme toujours, la vérité se situe entre les deux.

En préparant notre voyage, nous n’avons trouvé que peu de sites de voyages en famille (vélo ou non). Et dans la plupart de nos lectures (notamment dans le magazine Carnets d’aventures) le retour était toujours ultra positif. Voyager en famille c’est formidable, ça ressert les liens entre parents et enfants, ça soude… (Et c’est vrai), c’est magique, le remède à tous les maux… (Euh, là non, faut pas pousser l’aïeule dans les Urticacées).

Non, parce que OUI c’est formidable, hein… MAIS pas que!

Et nous aurions aimé lire aussi que des fois c’est chiant difficile. Des fois, parents et enfants ne sont pas sur la même longueur d’onde, parfois, on se demande clairement se qu’ont fout là, à se prendre la tête, à 16 000km de chez soi, sans possibilité de confier la marmaille à belle-maman pour 48h, le temps de se ressourcer un peu. Et puis vivre 24h sur 24 ensemble, ce n’est pas si évident.

 

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Une fois ce constat fait, il est moins culpabilisant de vivre ces moments de tension. Parce qu’au final, ils passent vite. Mais les premières fois que nous avons eu à vivre un moment compliqué, nous nous sommes clairement demandé ce qui n’allait pas chez nous. Pourquoi le voyage en famille semblait si merveilleux pour les autres, alors que nous, nous nous retrouvions à nous prendre la tête avec nos gosses qui ne se rendaient pas compte de la chance qu’ils avaient quand même, nanmého!

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Une des première choses qui a aidé à apaiser tout cela, ça a été d’accepter que nos enfants avaient le droit d’être en opposition, ou de faire des bêtises, comme à la maison et que ce n’était pas grave. Un an, c’est long. Les moments difficiles, ne sont pas si nombreux et sont très vite oubliés au profit des moments agréables. Donc, non, une dispute ne gâchera pas cette merveilleuse aventure que vous vivez.

Il a fallu aussi accepter que ce départ a été plus long a appréhender pour les enfants que pour nous. Passé le premier mois, le temps traditionnel des vacances, ce que voulait dire voyage au long cours s’est vraiment concrétisé pour eux et cela n’a pas été facile. Nous avons eu plusieurs discussions, où nous avons pu dire que ce voyage était notre rêve à nous, les parents, mais que nous avions peut-être oublié que ce n’était pas le leur. Ils ont pu dire ce qui leur manquait (la famille, les copains, le chien, les jouets, la maison), ce qui était difficile pour eux (entendre parler anglais tout le temps et ne pas comprendre, se déplacer en permanence, dormir sur un matelas et pas dans un lit) et puis nous avons pu dire aussi ce qui était chouette dans ce voyage (voir des animaux, ne pas aller à l’école, rencontrer des gens, voir des paysages). Nous avons pu leur dire que ce qui était difficile pour eux l’était aussi pour nous. Une fois les choses formulées, nous avons été plus apaisés.

Enfin, c’est aussi cette pression qui se met sournoisement en place lorsqu’on évoque cette « aventure formidable », cette « expérience extraordinaire », et autres superlatifs qui accompagnent l’évocation du voyage en famille, qu’il nous importait de dénoncer. Voyager en famille, pour nous, c’est finalement une tranche de vie, que nous passons ensemble pour découvrir d’autres choses. Et qui dit tranche de vie, dit quotidien (même s’il est différent de celui de la maison) dit haut et bas, dit loisir et devoirs, plaisirs et douleurs (sisi). Bref, nous avons toujours été mal à l’aise avec les amazing, incredible awsome, que nous avons pu entendre lorsque nous parlions de notre voyage, parce que pour nous, c’était simplement notre vie de famille (normale) que nous avons mise sur un vélo. Quand on dit les choses comme ça, on a moins de pression quant à réussir ou non ce voyage. Peut-on rater une tranche de vie? Ben non, on la vit, pis c’est tout!

Pour conclure, si vous souhaitez vous lancer dans le voyage en famille (à vélo ou non…) nous ne pouvons que vous y encourager. Mais gardez en tête que tous les jours ne sont pas extraordinairement merveilleux, que cela n’est pas le signe de votre échec lamentable en tant que parent (ni en tant que voyageur), et que vous aurez tendance à les oublier bien vite pour faire partie de la secte « je-voyage-avec-mes-enfants-c-est-tellement-formidable! » …  Enfin, une fois revenus!

 

1 réflexion au sujet de “Voyager en famille, c’est tellement formidable?”

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